Accueil » Création de site internet » Les erreurs à éviter lors de la création d’un site web
La plupart des sites de TPE qui ne génèrent aucun client ne souffrent pas d’un manque de budget. Ils souffrent des mêmes erreurs commises dans le même ordre, par des prestataires différents, dans des villes différentes, depuis des années. J’ai audité suffisamment de sites pour établir un constat simple : les erreurs qui rendent un site inefficace sont prévisibles, récurrentes et évitables. Elles ne se voient pas toujours à l’oeil nu. Un site peut être beau, chargé d’images soignées, et être techniquement mort pour Google. Dans cet article, je liste les erreurs les plus fréquentes que j’observe sur les sites de TPE et d’artisans, avec ce qu’elles coûtent concrètement et comment les éviter dès le départ.
C’est l’erreur de départ qui conditionne tout le reste. La grande majorité des clients arrivent avec une idée visuelle en tête : « je veux quelque chose de moderne, sobre, avec une belle photo en bannière ». Ce n’est pas un mauvais point de départ en soi. Le problème, c’est quand le design devient l’objectif plutôt que le moyen.
Un site web est un outil de conversion. Il doit faire faire quelque chose au visiteur : appeler, remplir un formulaire, acheter, prendre rendez-vous. Tout le design doit servir cet objectif. Une bannière plein écran avec une photo de stock et un slogan vague ne génère pas d’appels. Une page d’accueil qui répond en 10 secondes aux trois questions fondamentales du visiteur (qu’est-ce que vous faites, où vous intervenez, comment vous contacter) en génère.
Avant de choisir une couleur ou une typographie, définissez l’action que vous voulez que votre visiteur réalise. Ensuite construisez le design autour de cette action. Dans cet ordre, pas dans l’autre.
Les thèmes vendus sur ThemeForest avec des dizaines de démos, des sliders animés et des effets parallax sont visuellement impressionnants. Ils sont techniquement catastrophiques pour les performances. Un thème de ce type charge souvent 15 à 25 fichiers CSS et JavaScript supplémentaires. Le TTFB augmente. Le LCP dépasse régulièrement 4 secondes sur mobile. Le score PageSpeed chute en dessous de 40.
Google intègre les Core Web Vitals dans son algorithme depuis 2021. Un LCP supérieur à 2,5 secondes sur mobile pénalise votre classement, quelle que soit la qualité de votre contenu. Un site beau et lent est un site moins bien référencé et moins bien converti que ses concurrents.
Les thèmes que j’utilise sur tous mes projets sont Astra, GeneratePress et Kadence. Ils font moins de 50 Ko, ils sont activement maintenus par des équipes professionnelles, et ils passent les Core Web Vitals sans configuration intensive. Ce sont des bases qui tiennent dans le temps sans sacrifier l’apparence.
Elementor est le constructeur de pages le plus utilisé avec WordPress. Il a un comportement technique précis que beaucoup de prestataires ignorent. Par défaut, Elementor génère du CSS inline : les règles de style sont insérées directement dans le HTML de chaque page plutôt que dans un fichier CSS mis en cache. Le navigateur recalcule ces styles à chaque chargement. Le TTFB augmente. Le score PageSpeed chute.
Dans WP Rocket, l’option « Générer les CSS séparément » externalise ces styles dans un fichier statique mis en cache. Combinée au preload de cache sur les pages stratégiques, cette configuration fait gagner 0,5 à 1,5 secondes de chargement. C’est la différence entre un score PageSpeed à 62 et un score à 88 sur mobile. C’est 20 minutes de configuration. La plupart des prestataires ne la font pas parce qu’ils ne savent pas qu’elle existe ou ne prennent pas le temps de la vérifier après livraison.
C’est l’erreur la plus absurde et la plus fréquente. Dans les réglages WordPress (Réglages / Lecture), une option permet de décourager les moteurs de recherche d’indexer le site. Elle est conçue pour être activée pendant le développement, avant la mise en ligne. En pratique, elle reste cochée sur une proportion significative de sites mis en ligne chaque année.
Résultat : le site est en ligne, tout fonctionne visuellement, mais Google ne l’indexe pas. Il est invisible pour tous les moteurs de recherche. Le client attend des contacts entrants. Rien ne vient. Je découvre cette erreur régulièrement lors d’audits. La correction prend 30 secondes. Les semaines ou les mois perdus en invisibilité, eux, ne se récupèrent pas.
Vérifiez systématiquement cet réglage le jour de la mise en ligne. C’est la première chose que je contrôle avant de soumettre le sitemap à Google Search Console.
Un site livré sans SEO on-page configuré part avec plusieurs mois de retard sur ses concurrents. Le SEO on-page comprend : les balises titre (title tag) qui contiennent le mot-clé principal de chaque page, les meta descriptions rédigées pour chaque page, les H1 et H2 structurés autour des requêtes cibles, les données structurées LocalBusiness en schema.org pour les professionnels locaux, et le sitemap XML soumis à Google Search Console.
Ce travail n’est pas une option à ajouter après la mise en ligne. Il fait partie du développement. Une page dont le title tag dit « Accueil » au lieu de « Plombier à Lyon » n’a aucune chance d’apparaître sur Google quand quelqu’un tape « plombier Lyon ». C’est aussi simple que ça.
J’ai travaillé avec une coach professionnelle dont le site était en ligne depuis 18 mois sans jamais avoir été mis à jour. Aucun SEO configuré. Trafic quasi nul. Après audit complet, refonte des pages services et création de 4 articles SEO ciblés, son premier article est apparu en position 8 sur Google en 6 semaines. Le problème n’était pas le site. C’était l’absence totale de configuration SEO.
En 2026, plus de 70 % des recherches locales se font depuis un smartphone. Un site qui ne s’affiche pas correctement sur mobile perd la majorité de ses prospects potentiels avant même qu’ils aient lu une ligne. Google le sait et applique le mobile-first indexing depuis 2019 : c’est la version mobile de votre site qui détermine votre classement, pas la version desktop.
Un site responsive ne signifie pas seulement « les éléments se redimensionnent sur mobile ». Il signifie que le parcours de l’utilisateur est optimisé sur mobile : les boutons sont assez grands pour être cliqués avec un doigt, le texte est lisible sans zoom, le formulaire de contact fonctionne correctement sur iOS et Android, et le numéro de téléphone est cliquable directement depuis l’écran.
Tout site qui collecte des données personnelles, même via un simple formulaire de contact, est soumis au RGPD. La CNIL exige trois éléments obligatoires : un bandeau cookies avec un vrai choix d’acceptation ou de refus (pas seulement un bouton « OK »), une politique de confidentialité accessible depuis toutes les pages du site, et des mentions légales avec l’identité de l’éditeur et les coordonnées de l’hébergeur.
Ces éléments sont souvent traités comme des formalités de dernière minute. En réalité, les contrôles de la CNIL se sont intensifiés depuis 2023. Une mise en demeure peut coûter plusieurs milliers d’euros pour une TPE. Ces éléments doivent être en place le jour de la mise en ligne, pas deux mois après.
L’hébergement est la décision technique la plus impactante sur les performances de votre site. C’est aussi celle que la plupart des créateurs de sites expédient en 2 minutes. Un hébergement mutualisé à 3 € par mois sur un serveur partagé avec des centaines d’autres sites génère un TTFB variable et des pics de latence aux heures de pointe. Pour un site vitrine avec un trafic modéré, un hébergement mutualisé de qualité (O2Switch, Infomaniak) à 5 à 10 € par mois est suffisant. Pour une boutique WooCommerce avec 200 produits et un trafic régulier, un hébergement infogéré ou un VPS est nécessaire.
La différence concrète : O2Switch utilise LiteSpeed au lieu d’Apache, avec des ressources mieux allouées et un cache serveur natif. Sur un site WordPress standard, cette différence représente souvent 0,8 à 1,5 secondes de TTFB. C’est la différence entre un LCP à 1,6 seconde et un LCP à 3,1 secondes sur mobile. Pour les recommandations de sécurité sur l’hébergement, consultez les guides de l’ANSSI.
Une image de 3 Mo publiée sur la page d’accueil peut être réduite à 80 Ko en WebP sans perte de qualité visible. La différence de temps de chargement est de plusieurs secondes sur une connexion mobile. Pourtant, cette erreur est présente sur une majorité des sites que j’audite. Les prestataires upload les images fournies par le client sans les compresser ni les convertir.
Deux règles pratiques : toutes les images en WebP, pas en JPEG ou PNG. Toutes les images avec des dimensions explicites (width et height dans le HTML) pour éviter le CLS (Cumulative Layout Shift), qui mesure l’instabilité visuelle pendant le chargement. Un CLS élevé nuit à la fois à l’expérience utilisateur et au score Core Web Vitals. Pour vérifier vos métriques, utilisez web.dev.
Un site que personne ne peut mettre à jour est un site mort dans 18 mois. Pourtant, beaucoup de prestataires livrent le site, envoient les identifiants par email et considèrent le projet terminé. Le client ne sait pas comment modifier un texte, changer une photo ou ajouter une actualité. Il devient dépendant du prestataire pour chaque modification, à 80 € de l’heure.
Cette dépendance est parfois volontaire. Elle génère du chiffre d’affaires récurrent pour le prestataire. Je refuse ce modèle. La formation à la prise en main fait partie intégrante de chaque livraison chez ordas.fr. Le client doit savoir modifier son contenu, ajouter une image et publier un article avant que je considère le projet terminé. Un site que le client ne maîtrise pas est un site que le client ne fera pas vivre.
Google Search Console est l’outil qui permet de suivre l’indexation de vos pages, les requêtes sur lesquelles vous apparaissez, les erreurs techniques et le taux de clic sur vos résultats. C’est gratuit. C’est indispensable. Et pourtant, une majorité de sites de TPE ne sont pas connectés à cet outil.
Sans Google Search Console, vous ne savez pas si vos pages sont indexées. Vous ne savez pas sur quelles requêtes vous apparaissez. Vous ne savez pas si Google rencontre des erreurs en crawlant votre site. Vous pilotez à l’aveugle. La connexion et la soumission du sitemap prennent 15 minutes. C’est la première chose à faire après la mise en ligne.
Le pack local, qui affiche trois résultats géolocalisés en tête des recherches locales, capte la majorité des clics sur des requêtes comme « plombier Besançon » ou « restaurant Metz centre ». Apparaître dans ce pack dépend en grande partie de votre fiche Google Business Profile : photos réelles, description optimisée pour vos requêtes cibles, catégorie principale précise, horaires à jour, réponses aux avis clients.
Un site parfait sans fiche Google Business Profile optimisée laisse sur la table une part importante de la visibilité locale disponible. Les deux outils fonctionnent ensemble. Séparément, chacun a des limites importantes.
Google pénalise le contenu dupliqué. Un site qui a la même description générique sur toutes ses pages de service, ou qui a copié le contenu d’un concurrent, ne se positionnera pas sur les requêtes ciblées. Chaque page doit avoir un contenu unique, spécifique à la requête qu’elle cible, avec des informations concrètes qui apportent une valeur réelle au visiteur.
Ce problème est particulièrement fréquent sur les sites qui créent des pages géographiques pour plusieurs villes. « Plombier Lyon », « Plombier Villeurbanne », « Plombier Caluire » avec le même texte en changeant uniquement le nom de la ville : Google détecte le contenu dupliqué et pénalise ces pages. Chaque page géographique doit avoir un contenu vraiment différent, ancré dans la réalité locale de la ville ciblée.
Un site peut s’afficher parfaitement sur Chrome desktop et être cassé sur Safari iOS ou Firefox mobile. Les marges disparaissent. Les boutons se superposent. Le formulaire de contact ne soumet pas. Ces problèmes sont invisibles si on ne teste pas sur différents appareils et navigateurs avant la mise en ligne.
Je teste systématiquement chaque site livré sur Chrome, Firefox et Safari, en desktop et en mobile, avec une connexion 4G simulée dans les outils de développement. Ce test prend 30 minutes. Il évite de livrer un site qui dysfonctionne pour une partie significative des visiteurs.
La plus coûteuse en termes d’impact à long terme est l’absence de SEO on-page configuré lors du développement. Un site sans SEO configuré peut perdre 6 à 12 mois de visibilité Google par rapport à un concurrent qui a fait ce travail correctement dès le départ. Ce retard se comble avec du temps et du travail supplémentaire. Il ne se comble pas avec de l’argent supplémentaire versé rétrospectivement. Commencer avec un SEO correctement configuré est systématiquement moins cher que le corriger après coup.
Pour la plupart d’entre elles, oui. La configuration SEO on-page, la correction des images, la mise en place du RGPD, la connexion à Google Search Console, l’optimisation de la fiche Google Business Profile : ces actions ne nécessitent pas de refonte. En revanche, corriger un thème lourd ou une architecture de site mal pensée peut nécessiter une intervention plus profonde selon les cas. Un audit précis permet de déterminer ce qui se corrige en quelques heures et ce qui nécessite un travail plus conséquent.
Ça dépend de l’état du site. Sur un site WordPress avec un thème correct mais sans SEO configuré, sans images optimisées et sans RGPD en place, les corrections prennent généralement entre 4 et 8 heures de travail. C’est significativement moins cher qu’une refonte complète. L’audit préalable est indispensable pour évaluer précisément ce qui doit être fait et dans quel ordre.
Quatre outils gratuits permettent d’identifier les problèmes principaux. PageSpeed Insights teste vos Core Web Vitals sur mobile et desktop. Google Search Console montre si vos pages sont indexées et sur quelles requêtes vous apparaissez. Screaming Frog (version gratuite jusqu’à 500 URLs) identifie les pages sans title tag, les meta descriptions manquantes et les images sans attribut alt. L’outil de test des données structurées de Google vérifie que votre schema.org LocalBusiness est correctement implémenté. Ces quatre vérifications ensemble donnent une image assez complète de l’état technique de votre site.
Oui, et c’est même fréquent. Un site visuellement soigné peut cumuler plusieurs des erreurs listées dans cet article : thème lourd, images non optimisées, pas de SEO on-page, pas de données structurées, CSS inline non corrigé sur Elementor. L’apparence n’a aucun impact sur le référencement. Ce qui compte pour Google, c’est la vitesse de chargement, la structure sémantique, la qualité du contenu et les signaux de pertinence locale. Un site simple et rapide bien référencé surpasse systématiquement un site beau et lent.
Pas nécessairement. La décision dépend de l’ampleur des problèmes et de l’âge du site. Si le site a moins de 3 ans, tourne sur WordPress et a un thème correct, une série de corrections ciblées (SEO, performances, RGPD, images) peut transformer son efficacité sans refonte. Si le site est sur une plateforme fermée (Wix, ancien Jimdo, site Flash), a plus de 5 ans ou souffre d’une architecture fondamentalement mauvaise, la refonte est souvent plus efficace économiquement qu’une série de rustines.
Un audit sérieux couvre au minimum : l’analyse des Core Web Vitals sur mobile et desktop, la vérification de l’indexation des pages dans Google Search Console, l’analyse du SEO on-page page par page, la vérification de la conformité RGPD, l’analyse de la structure des URLs et de l’architecture du site, et la vérification des données structurées. Cet audit donne une liste priorisée des actions à mener, avec leur impact estimé et leur coût en temps. C’est le point de départ de tout travail d’optimisation sérieux.
Les erreurs qui rendent un site inefficace ne sont pas des fatalités. Elles sont prévisibles, connues et évitables. La plupart se corrigent avec de la rigueur et de la méthode, pas avec un budget supplémentaire. Commencer par l’objectif, choisir une base technique légère, configurer le SEO pendant le développement, tester avant la mise en ligne : ces pratiques fondamentales font la différence entre un site qui génère des clients et un site qui décore.
Si vous suspectez que votre site actuel commet plusieurs de ces erreurs, décrivez votre situation ici. Je vous dirai honnêtement ce qui se corrige rapidement et ce qui nécessite un travail plus profond. Si vous préférez commencer par les tarifs, ils sont affichés sans ambiguïté sur ordas.fr.